L’art-thérapie peut-elle guérir ?

L’art-thérapie est une pratique de soin qui exploite le potentiel de créativité artistique d’une personne à des fins psychothérapeutiques. Cette méthode commence à être utilisée dans les parcours de soin des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Qu'est-ce que l'art-thérapie ?

Qu’est-ce que l’art-thérapie ?

Les productions des personnes internées en établissement psychiatrique fascinent le corps médical depuis le début du XXème siècle. Par la suite, plusieurs recueils de dessins de patients ont été publiés ; puis en 1950 a lieu la première exposition internationale d’art psychopathologique à Paris qui a présenté pas moins de 2 000 œuvres créées par 350 patients. Depuis, de nombreux ouvrages, théories et recherches ont été produits. Aujourd’hui, l’art-thérapie commence à prendre plus d’ampleur dans les établissements accueillant des publics fragiles – enfants, personnes âgées et handicapées.

L’objectif de l’art-thérapie est d’isoler le processus de création pour analyser la charge symbolique des techniques et actes de la personne. Car oui, on parle davantage de personne que de patient en art-thérapie puisque l’on cherche à décrypter les mécanismes d’un individu plutôt que de l’associer à une pathologie.

La peinture est le medium le plus utilisé lors des séances d’art-thérapie. L’expression doit être aussi libre que possible : c’est pourquoi les thérapeutes donnent rarement un modèle à reproduire. Si les personnes sont bloquées face à leur page blanche, le thérapeute propose un thème relativement vague pour lancer l’impulsion de création.

D’autres pratiques artistiques sont également utilisées pour ce type de thérapie : arts plastiques, théâtre, danse, cirque, musique, voix…

L’art-thérapie en pratique

Bien entendu, il ne s’agit pas pour le thérapeute de se contenter d’une masse de productions superficielles pour aider le patient ; il va au contraire le guider vers des productions plus complexes pour trouver le nœud à démêler, les sentiments enfouis ou les souvenirs oubliés. Avant et après le temps de création, le thérapeute conduit des échanges verbaux avec le patient un peu à la manière d’un psychologue classique. Il cherche d’abord à savoir ce que recherche le patient et en fin de séance, il se base sur les productions pour faire naître chez lui une réflexion sur son bien-être, son développement personnel ou encore ses traumatismes. Contrairement à certaines pratiques en psychanalyse, l’art-thérapie n’a pas pour but d’expliquer le sens des œuvres produites en extrayant des symboliques stéréotypées (le rouge pour l’agressivité par exemple).

L’art-thérapie est particulièrement recommandée dans le cas d’adolescents déboussolés, de grands malades, de toxicomanes et de personnes âgées. Cette pratique a en revanche peu de succès chez les comportements extrêmes, comme la dépression ou l’excitation.

Certaines cliniques de soins du groupe Orpea ont organisé, en fin d’année 2017, des ateliers d’art-thérapie pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Après un atelier de sensibilisation à l’écriture de La Fontaine et à la peinture de Marc Chagall, les résidents ont produit leurs propres œuvres. Non seulement ces productions leur ont fait explorer ou redécouvrir une nouvelle façon de s’exprimer, mais elles ont aussi participé à relever l’estime de soi que la maladie a pu faire disparaître.

Les résultats ne sont évidemment pas immédiats. La durée d’une art-thérapie varie d’un à trois ans. Pour les personnes atteintes d’Alzheimer, le but est d’abord est de stimuler à nouveau les émotions, les capacités cognitives et donc d’améliorer leur bien-être.

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